Sortie de la revue Inter, art actuel #147
“Ouïr : performances et installations sonores”
Une soirée pour accompagner la parution du numéro 147 de la revue québécoise Inter, art actuel, consacré aux pratiques de performance et d’installation sonore sous le prisme de l’écoute — “ouïr” comme expérience élargie, située, incarnée.
Des exemplaires seront disponibles à la vente sur place.
Performance solo – Jérôme Joy (FR)
Artiste, compositeur et théoricien des réseaux, Jérôme Joy développe depuis les années 1990 un travail pionnier autour des pratiques sonores en réseau, des dispositifs collaboratifs à distance et des environnements distribués. Son œuvre interroge les notions de présence, de coprésence et d’écoute partagée à l’ère des télécommunications.
Co-fondateur de projets expérimentaux en ligne dès les débuts du web, il explore très tôt les possibilités de la performance connectée, des flux audio en temps réel et des architectures sonores participatives. Son travail met en tension espace physique et espace numérique, corps localisés et sons circulants, écriture compositionnelle et imprévisibilité des réseaux.
À la fois musicien, chercheur et pédagogue, il a largement contribué à la réflexion théorique sur les pratiques artistiques en réseau, publiant de nombreux textes sur les esthétiques collaboratives, l’improvisation distribuée et les cultures open source.
Sa performance solo s’inscrit dans cette trajectoire : un geste d’écoute active où les systèmes techniques deviennent partenaires, où les flux se transforment en matière sonore, et où la scène se déploie autant dans l’infrastructure invisible que dans l’espace d’audition.
Erick d’Orion – Traces de Gauvreau (CA)
Des résonances plutôt que des références.
Des échos plutôt que des citations.
L’accident comme ligne de fuite.
Avec Traces de Gauvreau, Erick d’Orion convoque la présence vibratoire de Claude Gauvreau sans jamais la figer. L’intelligence artificielle bégaie, fragmente, produit ses glitchs vocaux comme autant de résonances involontaires du langage exploréen — cette langue phonétique que Gauvreau sculptait en dehors du sens convenu.
Deux systèmes se répondent à travers le temps : l’un cherchait à libérer la voix des conventions ; l’autre génère du langage en se fracturant.
Les larsens deviennent instruments de résonance pure, boucles sonores qui s’auto-alimentent. Les surfaces rotatives captées par micros contacts amplifient les vibrations invisibles.
Ce qui persiste de Gauvreau n’est pas l’œuvre citée, mais une présence résonnante : l’écho d’un geste poétique qui faisait déjà du langage une matière sonore brute. Les traces sont des fréquences qui traversent les décennies, se transforment et se réverbèrent dans les circuits et les algorithmes.
À propos d’Erick d’Orion
Artiste interdisciplinaire de l’audio actif depuis 1995, Erick d’Orion centre ses recherches sur le maximalisme sonore et explore les frontières du noise, de la musique concrète, du free jazz et de l’électroacoustique.
Commissaire de plus d’une dizaine d’événements dédiés à l’art audio, il dirige le volet Installations sonores dans l’espace public du Festival International de Musique Actuelle de Victoriaville (FIMAV) depuis 2010.
Membre de divers ensembles (dont morceaux_de_machines et Napalm Jazz), il a partagé la scène avec Evan Parker, Martin Tétreault, Otomo Yoshihide ou Mats Gustafsson. Depuis 2009, il collabore avec Productions Rhizome sur des projets hybrides mêlant littérature et art numérique, et développe avec Catherine Lalonde Massecar des formes interdisciplinaires croisant création sonore, écritures contemporaines et dramaturgie.
Sa discographie compte plus d’une cinquantaine d’albums. De janvier à juin 2026, il bénéficie du Studio du Québec à Paris (CALQ).
Informations pratiques
Tarif : 5 Euros
La malterie : 250 bis bd Victor Hugo à Lille (59) | M° Porte des Postes ou Wazemmes
Ouverture des portes : 19h | Début du concert : 19h30
Renseignements et réservations : resa@muzzix.info / 09 50 91 01 72
